Stellantis a orchestré un Investor Day historique ce 21 mai 2026, avec l'annonce d'un plan stratégique à 60 milliards d'euros, baptisé FaSTLAne 2030, et une nouvelle plateforme modulaire mondiale, STLA One.

Ce jeudi, le géant automobile Stellantis a tenu son Investor Day à Auburn Hills, dans le Michigan, et il n'est clairement pas venu les mains vides. Le groupe européen, propriétaire des fabricants Peugeot et Citroën, a officialisé FaSTLAne 2030, un plan stratégique à 60 milliards d'euros sur cinq ans qui va réorganiser en profondeur ses marques, ses usines et ses ambitions mondiales. Et dans la foulée, il a dévoilé STLA One, une nouvelle architecture de véhicule modulaire destinée à remplacer plusieurs plateformes existantes pour produire plus de 30 modèles différents sous une seule et même base technique. Une journée charnière pour le constructeur.
Stellantis détaille son plan à 60 milliards d'euros pour s'assurer un avenir
Voilà des annonces qui ne laisseront pas indifférents, que ce soit chez Stellantis et ailleurs. Avec FaSTLAne 2030, le nom que le PDG Antonio Filosa a donné à la feuille de route de Stellantis pour les cinq prochaines années, le groupe table sur 60 milliards d'euros d'investissements, structurés autour de six grands axes stratégiques. L'objectif est de retrouver une rentabilité solide en remettant le client au centre, en dépensant mieux et en allant plus vite. Trois priorités qui, ces dernières années, ont clairement fait défaut au groupe.

Avec FaSTLAne 2030, Stellantis assume une chose que le groupe n'avait jamais dit aussi clairement. Toutes ses marques ne se valent pas stratégiquement, c'est un fait. Jeep, Ram, Peugeot et FIAT sont donc désormais les quatre locomotives mondiales du groupe, les marques prioritaires, dit autrement. Elles concentreront 70 % des investissements produits, et cela comprend Pro One, la division véhicules utilitaires. Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo, les marques régionales, restent dans le jeu, mais elles se recentrent sur leurs marchés d'origine. Quant à DS et Lancia, elles passent sous la tutelle respective de Citroën et de FIAT, en tant que marques de spécialité.
Sur le plan industriel, Stellantis compte produire moins, mais mieux. En Europe, le groupe va réduire sa capacité de production de plus de 800 000 véhicules par an, pour que ses usines tournent à 80 % de leur capacité contre 60 % aujourd'hui, un niveau bien plus rentable pour lui, qui lui évitera la banqueroute. L'Amérique du Nord, elle, est désormais la région prioritaire, puisque 60 % des 36 milliards d'euros dédiés aux marques et aux produits y seront investis, avec une hausse de 35 % des volumes de ventes attendue d'ici 2030.
D'ailleurs, en parlant de l'Amérique du Nord, Stellantis et Qualcomm vont déployer les plateformes Snapdragon Digital Chassis dédiées à l’aide à la conduite, au cockpit et à la connectivité dans les architectures véhicules de nouvelle génération. Un partenariat sur plusieurs années permettra ainsi d’équiper les véhicules de nouvelle génération du groupe avec les System-on-Chips (SoC) de l'acteur américain. Le groupe confirme également son projet E-Car, une nouvelle génération de petites électriques urbaines et abordables produites en Europe.
STLA One : la plateforme modulaire qui ambitionne de remplacer cinq architectures en une seule
L'autre grosse annonce de la journée chez Stellantis, en tout cas à notre sens, c'est STLA One. Concrètement, la société va remplacer cinq plateformes techniques différentes par une seule architecture commune, plus flexible et évolutive. Prévue pour 2027, cette base universelle servira à construire des véhicules allant de la petite citadine au SUV familial (les segments B, C et D), et elle devra à terme supporter plus de 30 modèles distincts, pour un objectif de 2 millions de véhicules produits d'ici 2035.
Côté batterie, STLA One mise sur une technologie dite LFP (rien à voir avec le football), pour lithium-fer-phosphate, réputée moins dépendante des matières premières rares et donc moins coûteuse à produire. La plateforme intégrera aussi le principe du cell-to-body. En gros, plutôt que de loger la batterie dans un compartiment dédié, celle-ci sera directement intégrée à la structure du véhicule, ce qui doit alléger l'ensemble et réduire les coûts de fabrication. Ajoutez à cela une compatibilité 800 volts, synonyme de recharge rapide, et une rentabilité visée de 20 % sur cette plateforme, et le tableau est plutôt complet.
STLA One sera également la première plateforme du groupe à intégrer d'emblée trois briques technologiques maison, avec STLA Brain, le cerveau logiciel centralisé du véhicule ; STLA SmartCockpit, qui repense l'interface entre le conducteur et sa voiture ; et le steer-by-wire, une direction sans liaison mécanique directe entre le volant et les roues. D'ici 2030, la moitié de la production mondiale de Stellantis reposera sur trois plateformes seulement, avec jusqu'à 70 % de pièces communes entre les modèles. Une façon de réduire les coûts et d'accélérer le développement de nouveaux véhicules, dont on pourra dans quelques années juger l'efficacité.